Dr Alain Iserin
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Les calcifications des tendons de la coiffe des rotateurs




La calcification des tendons de l'épaule, ou tendinite calcifiante, est une cause fréquente de douleur de l'épaule avant 40 ans. Cette pathologie concerne essentiellement, les femmes entre 25 et 45 ans, et touche souvent les deux épaules. Elle occasionne parfois des douleurs très intenses. Elle n'a aucun rapport avec l'usure du tendon, l'alimentation ou  un éventuel traumatisme.

 


ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

La coiffe des rotateurs, est l'ensemble des muscles et des tendons qui entourent la tête de l'humérus au niveau de l'articulation de l'épaule. Ces muscles servent à donner la force pour permettre l'élévation du bras et ses diverses rotations, mais participent également à la stabilité de l'épaule.

Ces tendons, qu'il s'agisse du sus-épineux, du sous-épineux, ou encore du sous-scapulaire, peuvent être porteurs, à proximité de leur attache sur l'humérus, d'une formation de calcium située à l'intérieur même du tendon. Ce dépôt de calcium est probablement à mettre en rapport avec un manque d'oxygène au niveau de l'attache du tendon. Il n'a aucun rapport avec l'usure, l'hyper-utilisation de l'épaule, une notion de traumatisme, ou encore l'alimentation.

Dans un premier temps, cette calcification peut augmenter de volume progressivement, puis pour une raison encore inconnue avoir tendance à disparaître spontanément à l'occasion de douleurs très intenses. En effet, la libération du calcium dans l'articulation provoque une réaction inflammatoire très importante entraînant des douleurs vives et insomniantes. On connaît mal le mécanisme de cette disparition spontanée, et ce moment est imprévisible.


SYMPTOMES

La présence d'une calcification dans un tendon de l'épaule peut passer totalement inaperçue. Mais le plus souvent elle s'accompagne de douleurs évoluant sur deux modes principaux :


DIAGNOSTIC ET EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Lorsque les douleurs évoluent sur un mode chronique, les symptômes ressemblent beaucoup à ceux d'un conflit sous-acromial. L'examen met en évidence des douleurs de passage, ou un accrochage entre le tendon porteur de la calcification et l'os sus-jacent.

 


En phase aiguë, la mobilité de l'épaule est nettement diminuée, et toute mobilisation du bras est hyperalgique. La présence de calcifications peut parfois entraîner une raideur secondaire.

Une radiographie simple suffit à poser le diagnostic. En effet, les calcifications ne sont jamais, ou quasiment jamais, associées à des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs.
En période chronique, la calcification  prend un aspect condensé, arrondi, et se situe tout près de l'attache du tendon sur l'humérus.

 


En phase de disparition spontanée, la calcification prend un aspect allongé le long du tendon.
L'aspect radiologique est donc évolutif, et une radiographie sera nécessaire à chaque consultation pour évaluer l'état exact de cette calcification.
L'échographie peut éventuellement confirmer l'existence de petites calcifications et préciser leur localisation.
L'arthroscanner et l'IRM sont dans ce cas totalement inutiles.


LES TRAITEMENTS

Le traitement conservateur

En phase chronique, le traitement consistera à soulager les douleurs par un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien, et éventuellement à proposer une ou deux infiltrations dans l'espace sous-acromial. En phase aiguë, une infiltration est fortement conseillée pour soulager la douleur insupportable.

 

La « trituration » du tendon, sous radio, par une aiguille de ponction

Il s'agit d'une manoeuvre réalisée sous contrôle radiologique, consistant à ponctionner la calcification à l'aide d'une aiguille. En phase chronique, la matière calcique étant quasiment solide, il est illusoire d'envisager d'ôter la totalité de cette calcification de cette manière. Les restes de calcification sont alors source de douleur et sont très difficiles à ôter par la suite chirurgicalement.

 


En phase aiguë, la matière calcique prend un aspect quasiment liquide, et la ponction paraît plus simple. Mais cette phase aiguë augure d'une disparition spontanée de la calcification. En conséquence, dans ce cas, même sans ponction, la calcification disparaît seule.
Les indications de trituration des tendons sous radio sont donc exceptionnelles.

Les ondes de choc

Il s'agit d'un traitement anti-inflammatoire puissant qui peut apaiser la douleur en phase aiguë ou lorsque la calcification est trop petite pour être enlevée sous endoscopie.

 


L'arthroscopie

Elle est indiquée à chaque fois que la calcification est très gênante sur le plan fonctionnel, entraînant des douleurs nocturnes, et lorsque cette calcification présente un aspect radiologique volumineux, régulier, et condensé (très blanc).
 
Le geste arthroscopique (endoscopie) est réalisé à l'aide de deux petites incisions d'environ un centimètre de long, sous anesthésie générale le plus souvent. Une incision en arrière de l'épaule est pratiquée pour introduire l'endoscope, alors qu'une autre voie d'abord permet de réaliser l'intervention.

 


La calcification n'apparaît pas à la partie superficielle du tendon, mais se situe à l'intérieur même de l'épaisseur de ce tendon. C'est pourquoi une petite incision dans le sens des fibres est nécessaire, pour faire l'ablation complète du dépôt de calcium grâce à l'aide d'une curette. Cette intervention dure environ 20 minutes.


SUITES OPERATOIRES ET REEDUCATION

A la suite de l'intervention, le bras est libre et ne porte ni écharpe, ni attelle. Les douleurs disparaissent progressivement dans les 3 à 6 mois qui l'intervention. Sur les radiographies, on retrouve souvent dans les semaines qui suivent l'intervention des traces de calcification qui disparaissent avec le temps.
Une fois la calcification complètement disparue, la guérison est complète et définitive puisque le tendon ne présente aucun caractère d'usure dans cette pathologie.

La rééducation est extrêmement simple, et sera menée le plus souvent par le patient lui-même. L'exercice principal consiste, en position allongée, à mobiliser le bras opéré, en s'aidant de l'autre bras comme moteur (mouvement passif), et en utilisant un bâton. La mobilisation du bras ne doit jamais être douloureuse L'objectif est tout simplement de récupérer sa mobilité sans jamais forcer.

 

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COMPLICATIONS

Si le plus souvent les suites de cette intervention sont  simples, il faut toutefois insister sur le caractère progressif du soulagement de la douleur.

Une raideur transitoire post-opératoire ou capsulite rétractile est possible, allongeant les suites de l'intervention, mais elle n'a pas d'incidence  sur le résultat final. Cette raideur passagère est due à une libération massive de calcium dans l'articulation entraînant un processus inflammatoire intense. Cette capsulite peut souvent être évitée en pratiquant une infiltration de corticoïdes, immédiatement au décours de l'intervention.

L'infection est une complication exceptionnelle sous arthroscopie.


EN RESUME

La tendinite calcifiante de l'épaule est une pathologie fréquente chez les sujets jeunes, occasionnant parfois des douleurs très intenses, et n'est quasiment jamais associée à une usure ou à une rupture des tendons de la coiffe des rotateurs. Le traitement dépend de l'importance de la gêne et de l'aspect radiologique de la calcification au moment de la consultation. Une calcification occasionnant une douleur importante peut être ôtée sous endoscopie.

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